Tokenisation et énergie verte

Blockchain et tokenisation : disrupter le domaine de l’énergie

De la tokenisation des certificats d’énergie verte à leur origine à la consommation par l’utilisateur final, la blockchain a un rôle à jouer très important, et de plus en plus connu du grand public. En voici les principaux avantages.

Blockchain et tokenisation

La blockchain est la technologie de type registre distribué la plus ancienne et la plus connue, le premier protocole blockchain étant Bitcoin, sur lequel vit la cryptomonnaie du même nom. Il s’agit d’une base de données distribuée simultanément sur plusieurs nœuds (e.g. serveurs, ordinateurs) qui grâce à différents algorithmes de consensus (un algorithme différent par blockchain), se mettent d’accord sur les nouvelles données à ajouter à la base. Les données ainsi ajoutées sont rangées dans des blocs. Les blocs se succèdent et sont enchaînés les uns aux autres, d’où le nom de blockchain (parfois littéralement traduit par chaîne de blocs en français). Ces blocs ne peuvent ni être supprimés, ni modifiés, d’où le caractère non répudiable de la blockchain. C’est grâce à ces caractéristiques que la blockchain peut être utilisée pour le transfert de valeur ; par exemple de cryptomonnaies ou de titres financiers. 

La blockchain fait partie des registres de type distribué (DLT : Distributed Ledger Technology). Les différentes technologies de la famille des DLT ont toutes les mêmes particularités bien que la structure informatique utilisée soit différente. Tout au long de cet article, je parlerai de blockchain par raccourci, pour désigner l’ensemble des technologies de type blockchain, les DLT.

La tokenisation est l’action de digitalisation d’un droit/un actif sur une blockchain. À ce jour, nous pouvons tokeniser, entre autre, de la monnaie (i.e. cryptomonnaie ou monnaie électronique), des titres financiers (jetons sécuritaires), des certificats.

Tokeniser l’énergie verte

Les certificats d’énergie verte existent déjà sans blockchain et sans tokenisation. Cependant, afin de procéder à cette certification, il est pour le moment indispensable de passer par un organisme tiers. En effet, lorsque de l’électricité est produite, il est impossible de savoir si elle vient d’un panneau photovoltaïque, d’une éolienne ou autre production d’énergie verte. L’électron produit n’est pas différent. En conséquence, afin de prouver que cet électron vient d’une énergie renouvelable, un organisme de certification doit faire le déplacement afin d’en attester la provenance. 

Grâce à la tokenisation, un certificat (tokenisé) peut être créé afin de garantir l’origine de l’énergie produite. Les certificats sont générés depuis le boîtier relié par exemple au panneau photovoltaïque. Ils sont alors directement inscrits sur la blockchain, la donnée ne peut donc pas être altérée.

Ainsi, les certificats peuvent être vendus afin de favoriser la production d’énergie verte, sans passer par les organismes de certification, et ainsi éviter des coûts.

Par exemple, Ledger travaille sur un projet équivalent avec Engie. Solar Coin également, certifie l’origine de l’énergie photovoltaïque et sert de monnaie d’échange chez Ekwateur.

Tracer l’énergie

Le fait que la blockchain permette une excellente traçabilité des données (non répudiable) est une caractéristique très intéressante pour bien des domaines et notamment pour celui de l’énergie. Comme indiqué dans notre article sur les avantages de la tokenisation dans finance durable, tracer les quotas carbones permettrait d’éviter les fraudes que nous avons pu connaître avec ce type d’initiative. 

Actuellement les certificats verts, dont nous venons de parler, sont échangés sur des marchés, ce qui permet à certaines sociétés de se “verdir”. Cela a un effet positif sur la demande en énergie verte, mais a aussi tendance à favoriser l’écoblanchiment.

Les certificats verts tokenisés peuvent comprendre plusieurs informations : le type d’énergie renouvelable utilisée, par quel appareil exactement, son lieu de production… Cela a pour effet de réduire les risques de greenwashing.

Décentraliser la production pour favoriser les circuits courts

La décentralisation est également une des plus grandes caractéristiques de la technologie blockchain. Elle permettrait même de conduire à la décentralisation de la production d’énergie. Prenons l’exemple du projet mis en place par Sunchain à Prémian en 2017 (34) où des producteurs d’énergie verte et consommateurs sont connectés. La technologie blockchain (dont l’architecture fut réalisée par Talium), permet de certifier les transactions et ainsi favoriser l’auto-consommation collective. Cela correspond à des besoins de plus en plus importants dans la consommation et dans lesquels les producteurs d’énergie ont un rôle à jouer : passer d’un rôle d’opérateur central à accompagnateur d’une révolution énergétique.

Sunchain a depuis mis en place d’autres projets et a pour ambition de préparer l’avenir de l’énergie digitale. 

Payer, ce qu’on doit

Le paiement exact de l’électricité utilisée pour le chargement d’un véhicule électrique est un axe étudié par différentes entreprises. Depuis 2016, plusieurs initiatives ont proposé des projets en ce sens : Blockcharge, OSLO2ROME, Mobilichain, un POC en collaboration avec IOTA (liste non exhaustive). 

L’enjeu principal étant de pouvoir charger son véhicule sur n’importe quelle borne sans avoir à créer de compte sur tous les fournisseurs différents, ce qui est le cas actuellement.

Cela permet au consommateur d’utiliser le fournisseur le moins cher du lieu/du moment, d’avoir un calcul exact de l’électricité utilisée. En entreprise, cela permet de se faire rembourser réellement les frais engagés. 

Couplé avec les certificats d’énergie et leur traçabilité, cela donne la possibilité au consommateur de choisir une énergie verte pour recharger son véhicule, s’il le souhaite.

C’est donc plus de pouvoir donné à l’utilisateur tout en lui simplifiant le processus, ce qui permet, in fine, de favoriser l’usage de véhicules électriques.

En conclusion

La blockchain appliquée au monde de l’énergie est certainement le cas d’usage le plus mainstream, après la cryptomonnaie, mais aussi le plus intéressant. Lors de mes recherches afin de traiter ce sujet j’ai pu constaté qu’il y avait de nombreux articles déjà existants sur le sujet, et de sources très différentes. C’est un point très positif et encourageant. La blockchain a le vent en poupe et révolutionne déjà le présent et le futur, mais rassurez-vous, il est encore temps de prendre le train en marche.

Vous êtes fournisseur, revendeur en énergie et souhaitez tokeniser vos certificats ?

Un projet blockchain à réaliser ?

Ressources et compléments :

Rapport complet sur l’application de la blockchain dans le domaine de l’énergie :

https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/energie-la-blockchain-solution-miracle-67040/

Rapport de PWC Blockchain et énergie : 

https://www.pwc.fr/fr/espace-presse/communiques-de-presse/2016/decembre/blockchain-evolution-secteur-energie.html

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